Antisepsie de terrain

De Survival Wiki.

Plan :

REMARQUES PRELIMINAIRES

• Le terrain

• De quelles plaies parlons-nous ?

• Des précautions générales lorsqu’on manipule une plaie


INTRODUCTION

• Définitions


LES TROIS ETAPES DU TRAITEMENT D’UNE PLAIE « SIMPLE »

1. Le nettoyage

• Introduction

• En pratique


2. L’antisepsie

• Précautions générales concernant l’usage de produits médicaux

• Précautions particulières concernant l’usage des antiseptiques

• Trois catégories d’antiseptiques cutanés

• L’application


3. Le recouvrement


CE QU’IL FAUT RETENIR

LIENS




REMARQUES PRELIMINAIRES

Cet article a pour objet l’antisepsie (parfois appelée aussi désinfection) de « terrain ». Bien traiter une plaie est le meilleur moyen d’éviter qu’elle ne s’infecte. Or une infection sur le « terrain », si vous êtes vraiment isolé, peut devenir grave…


Le « terrain »

Sur le « terrain », pas de pharmacie, ni de médecin : il faut donc faire avec vos seuls connaissances, savoir-faire, et trousse de secours : http://www.davidmanise.com/mediawiki/index.php/Trousse_de_secours .

En outre, a priori, le terrain est « sale » – par opposition à votre salle de bains, qui est relativement aseptisée (précisément) – ce qui exige des précautions particulières. L’eau « de terrain », par exemple, est sale . Or vous en aurez besoin pour vous laver les mains et pour nettoyer la plaie… C’est la raison pour laquelle vous devez toujours avoir sur vous un certain volume d’eau potable, c’est-à-dire, purifiée, traitée. Voir : http://www.davidmanise.com/mediawiki/index.php/Eau_:_la_purifier

NB : dans la suite de cet article, le terme « eau » s’entend « eau potable », c’est-à-dire purifiée.


De quelles plaies parlons-nous ?

Des plaies que l’on peut traiter sur le terrain, c’est-à-dire des plaies non « graves ». Par plaies « graves » sont entendues : les plaies hémorragiques (quand le saignement ne peut s'arrêter ou qu'il touche une artère), des plaies déchiquetées (morsure d'animal), localisées à la poitrine, au ventre, au cou, à l'œil ou à la face, des plaies profondes, provoquées par un projectile ou une arme blanche, ou si des morceaux (de métal, de bois...) se trouvent profondément dans la plaie (dans ce cas : ne pas retirer le corps étranger, au risque de provoquer une hémorragie). Dans tous ces cas de plaies graves, demandez un avis médical. Sur votre téléphone portable, faire le 15 en France, ou le 112 pour l’ensemble de l’Europe (veillez à conserver votre téléphone portable dans un endroit étanche, et à ce que la batterie soit chargée).


Des précautions générales lorsqu’on manipule une plaie.

• Une plaie se traite avec les mains propres. Avant toute intervention, lavez-vous les mains et les ongles au savon, avec de l’eau purifiée (potable). Vous pouvez aussi utiliser une solution hydro-alcoolique en sachet individuel ou en flacon de petite volume.

• Si vous utilisez les gants de latex contenus dans votre trousse (conseillé), cela ne vous dispense évidemment pas de vous être lavé les mains au préalable. Et, une fois les gants enfilés, nettoyez-les avec une autre lingette hydro-alcoolisée avant d’intervenir. Le terrain est « sale », et les gants ne sont pas stériles.


INTRODUCTION

Définitions

Les deux risques majeurs en cas de plaies « simples » sont le tétanos et l’infection. En ce qui concerne le risque tétanique : veillez à ce que vos vaccins soient à jour ! Le vaccin anti-tétanique est à renouveler tous les dix ans. Quant à l’infection : à ce stade, la prévenir est précisément le rôle de l’antisepsie. Définition d’un antiseptique : substance qui détruit localement les bactéries, réduisant leur nombre et empêchant leur prolifération. Certains antiseptiques sont également actifs sur les champignons microscopiques et les virus.


LES 3 ETAPES DU TRAITEMENT D’UNE PLAIE « SIMPLE »

Vous étant assuré que la plaie ne présente pas de « gravité » (voir ci-dessus), après l’avoir recouverte d’une compresse stérile, pensez – préalablement aux soins – au confort du blessé. Les soins s’effectuant en statique et pouvant prendre un « certain temps » : bien l’installer, aussi confortablement que possible ; l’asseoir / l’envelopper dans une couverture de survie afin d’éviter l’état de choc ou l’hypothermie.

Le traitement d’une plaie simple s’effectue en 3 temps : nettoyage/rinçage – antisepsie – recouvrement.


1. Le nettoyage

Introduction

On l’appelle parfois – abusivement bien sûr – « désinfection » mécanique : c’est dire son importance ! En effet, le traitement d’une plaie est mécanique avant d’être chimique. Il s'agit – préalablement à l’antisepsie – de nettoyer la plaie de tous les corps étrangers (bouts de bois, terre, cailloux, etc.), ou des tissus morts : autant de nourriture pour les bactéries. Et qui dit « bactérie » dit infection !


En pratique :

Idéalement, lavage à grande eau (propre !), en écartant délicatement les lèvres de la plaie. Pratique : un contenant permettant de gérer la pression du jet (par exemple une gourde souple avec pipette). L’usage d’unidoses de sérum physiologique est très indiqué à ce titre (et aussi pour les propriétés du sérum lui-même, bien sûr), mais leur faible contenance peut ne pas être adaptée aux plaies étendues ou nombreuses… L’usage d’une seringue sans aiguille s’avère également bien pratique de ce point de vue.

Le but étant, une fois encore, de drainer les corps étrangers vers l’extérieur.

Mieux encore : lavage de la plaie au savon, de type « savon de Marseille » (en ayant au préalable lavé le savon…). Faire mousser est utile : les bulles font remonter les corps étrangers vers la surface de la plaie. Puis rinçage abondant (cela paraît évident, mais c’est aussi parce que le savon inactive un antiseptique tel que la chlorhexidine, si c’est celui que vous aurez choisi dans votre trousse).


À ce stade, si la plaie saigne encore, la tamponner/compresser avec une ou plusieurs lingettes stériles afin d’obtenir l’hémostasie (arrêt du saignement). Alors, la plaie étant « sèche », on pourra passer à l’étape 2 : l’antisepsie.


2. L’antisepsie

Application sur la plaie de l’antiseptique cutané.


Précautions générales concernant l’usage de produits médicaux :

- Toujours lire la notice du produit qu'on va utiliser. - Vérifier toujours la date de péremption du produit utilisé.
 - Sur le terrain, utiliser de préférence des doses unitaires ou de petits conditionnements. - Sinon : indiquer la date d'ouverture sur le flacon. - Fermer le flacon après chaque utilisation. - Respecter la durée d'utilisation du produit après son ouverture. - Séparer les antiseptiques à usage externe des autres médicaments.
 - Ne pas transvaser les produits d’un récipient à un autre.


Précautions spécifiques concernant l’usage des antiseptiques

- Il ne faut pas associer plusieurs antiseptiques. - Les antiseptiques cutanés ne doivent pas être avalés !
 - Vérifier les conditions de conservation, notamment température.
 - Manipulation la plus aseptique possible.


Trois catégories d’antiseptiques cutanés

Dans la pratique courante, trois familles d’antiseptiques sont utilisées : les dérivés iodés, telle la Betadine® dermique, les dérivés chlorés, telle « l’eau de Dakin », et les biguanides : principalement la chlorhexidine. Chacune constitue une alternative à l’autre en cas d’allergie ou de contre-indication à son emploi.


A) La Betadine® dermique (celle de couleur jaune)

Les « plus » :

- Large spectre d’efficacité. - Rémanente (l'effet continue à s'exercer bien après l'application). - Existe en unidoses.

Les « moins » :

- À proscrire en cas d’allergie aux dérivés iodés. - Ne pas utiliser chez la femme enceinte et les jeunes enfants. - Colore la plaie. - Éviter l’application sur les muqueuses.


B) « L’eau de Dakin »

Les « plus » :

- Antisepsie de la peau et des muqueuses

Les « moins » :

- La solution doit être conservée à l'abri de la lumière pour ralentir sa décomposition, qui est rapide (quelques jours). - Peut irriter (dérivé chloré) - L’odeur ? (idem)


NB : un détournement des pastilles de purification d’eau Aquatabs ® :

Ces pastilles contenant un dérivé chloré peuvent, dissoutes à la bonne concentration dans de l’eau (buvable), produire un antiseptique de terrain si l’on n’en a pas (plus) d’autre ou si l’on veut traiter plusieurs blessés : 450 pastilles pour 1000 ml (1L) d’eau, soient 4,5 pastilles pour 10 ml. Il s’agit dans ce calcul des pastilles Aquatabs® dosées à 3,5mg de DCCNa, c’est à dire celles prévues pour purifier 1L d’eau. La difficulté : mesurer 10 ml. Voilà une autre tâche pour la seringue graduée !

http://www.sovedis-aquatabs.com/aquatabs.htm

http://www.icrc.org/emergency-items/Volume1/09WAT/393DASDCHLA0005T/393DASDCHLA0005T.htm


C) La chlorhexidine (En France : Hibitane®, par exemple)

Les « plus » :

- Bien tolérée - Antisepsie de la peau et des muqueuses - Existe en spray : bien pour les plaies étendues (abrasion, par ex.), bien également pour les enfants - Existe en lingettes

Les « moins » :

- Spectre d’efficacité moins large que la Betadine ® - Conserver à l’abri de la lumière - Attention si usage du savon lors du nettoyage de la plaie, il faut l’avoir bien rincée car du savon résiduel inactiverait la chlorhexidine.


L’application

- Dans la plaie, directement depuis l’unidose ou bien en utilisant une lingette stérile.

- Nettoyer également le pourtour/la région de la plaie.

- Puis tamponner légèrement pour absorber le surplus.


3. Le recouvrement

- Couvrir la plaie : panser ou bander selon la taille de la plaie.

- Selon sa profondeur, l’usage de stéri-strips® pourra être indiqué afin de la « suturer ».

- La plaie devra être examinée périodiquement afin de s’assurer de sa bonne évolution, c’est à dire de guetter les éventuels symptômes d’une infection (rouge, chaude, suintante ou douloureuse : LIEN PACCIF), mais également afin qu’elle « respire » : une plaie ne doit pas macérer. Bien entendu, l’examen devra être le plus aseptique possible : lavez-vous les mains avant.



CE QU’IL FAUT RETENIR

- Vérifiez votre trousse de secours avant votre départ.

- Veillez à conserver votre téléphone portable dans un endroit étanche ; et la batterie en état de marche.

- Les numéros de secours d’urgence sont le 15 (France) et le 112 (Europe) ; pré-enregistrez les.

- Tous les items cités dans cet article DOIVENT se trouver dans votre trousse : http://www.davidmanise.com/mediawiki/index.php/Trousse_de_secours

- Lavez-vous les mains avant d’intervenir sur une plaie.

- Veillez à ce que le blessé soit bien installé (assis ; couverture de survie).

- Sur une plaie, toujours utiliser de l’eau buvable.

- Laver la plaie sert à en faire sortir les corps étrangers.

- L’antisepsie sert à prévenir l’infection.

- Ne pas utiliser 2 antiseptiques différents sur une même plaie : risque d’interaction dangereuse.

- Dans votre trousse, privilégiez les antiseptiques disponibles en unidoses. Sinon en petits conditionnements.

- Après les soins, examinez périodiquement la plaie (avec des mains propres).

- Plaie rouge, chaude, suintante ou douloureuse = signes d’infection (LIEN PACCIF).

- Conservez votre trousse de soins hors de portée des enfants.


LIENS

http://www.chru-lille.fr/cap/ca5-04fev3.htm

http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/infect_soins/sommaire.htm (télécharger le pdf)

http://www.sfmu.org/documents/consensus/cclin_antisep_usage.pdf

http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/defense_et_securite_civiles/formation/nnfasc/acs/psc-1/ (télécharger le pdf)