Desert solitaire

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en anglais

d'Edward ABBEY

Résumé

"A passionately felt, deeply poetic book. It has philosophy. It has humor. It has its share of nerve-tingling adventures...set down in a lean, racing prose, in a close-knit style of power and beauty." THE NEW YORK TIMES BOOKREVIEW Edward Abbey lived for three seasons in the desert at Moab, Utah, and what he discovered about the land before him, the world around him, and the heart that beat within, is a fascinating, sometimes raucous, always personal account of a place that has already disappeared, but is worth remembering and living through again and again.

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Avis des membres de "Vie Sauvage et Survie"

Edward Abbey est principalement connu pour son célèbre roman « Le gang de la clé à molette » (The Monkey Wrench Gang), dans lequel il se fait l’avocat du sabotage dans la lutte pour l’environnement. Il est, de ce fait, l’un des inspirateurs des mouvements écologistes radicaux tel Earth First !

« Désert solitaire », publié en 1968, reprend les notes et souvenirs d’Abbey sur son expérience, dix ans auparavant, de ranger saisonnier dans le Monument National des Arches, dans le désert de l’Utah. Du propre aveu d’Abbey, « Désert solitaire » n’est pas un guide de voyage dans le désert, mais une élégie et un mémorial de ce qui a déjà commencé de disparaître (il y a 42 ans !). De fait, le livre fait alterner des chapitres de pure poésie sur la flore, la faune ou l’ambiance des lieux, avec des courts récits de ses expériences avec les touristes, qui se plaignent de la qualité des routes ou de l’absence de distributeurs de soda, ou avec son employeur, le service des parcs nationaux, qui n’a de cesse de construire des routes pour faire affluer les mêmes touristes au plus près des curiosités géologiques.

Abbey se livre également ainsi à une critique ironique et sévère des ses contemporains et de leur conception de la consommation de masse des espaces naturels, ramenés à l’état d’espaces de loisirs. Les locaux, éleveurs et indiens, ne sont pas non plus épargnés, par des jugements radicaux, parfois à l’emporte pièce. Mes chapitres préférés, et qui justifient à eux seuls la lecture du livre, restent ceux décrivant les explorations auxquelles s’est livré Abbey pendant ses jours de loisir, telle la descente de Glen Canyon, sur les trace de son premier explorateur, le Major Powell, et avant que cette portion de nature ne soit engloutie sous les eaux d’un barrage. Ou encore l’exploration du mont Tukuhnikivats, ou la vallée Havasupai.

Au total, un ouvrage que je recommande chaudement, pour se laisser porter par l’évocation des ambiances et réfléchir à certains aménagements, entre autres touristiques, dont la finalité porte toujours les mêmes questionnements.

Une citation, tirée de l’introduction, pour résumer le bouquin :

« Ne sautez pas dans votre voiture en juin prochain pour vous précipiter au pays des canyons afin d’y voir certaines des choses que j’ai essayé d’évoquer dans ces pages. D’abord, vous ne pouvez rien voir d’une voiture ; vous devez sortir de votre sacré fourbi et marcher ou, mieux encore, ramper, à l’aide de vos mains et de vos genoux, sur le grès et dans les buissons épineux et les cactus. Lorsque des traces de sang commenceront à signaler votre passage, vous verrez quelque chose peut-être. Probablement pas. Ensuite la plus grande partie de ce sur quoi j’écris dans ce livre a disparu ou est en train, rapidement, de disparaître. Ce livre n’est pas un guide de voyage mais une élégie. Un mémorial. Vous tenez dans vos mains une pierre tombale, Un rocher sanglant. Ne le laissez pas tomber sur votre pied. Jetez-le sur quelque chose de gros et qui a des vitres. Qu’est-ce que vous risquez ? »

Bonne lecture

--Sotret 30 mai 2010 à 14:45 (UTC)