Feu

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Introduction

Sommaire


Aux environs de 400 000 ans, avec l'apparition des premiers foyers aménagés, se développe vraisemblablement autour du feu une vie sociale plus organisée. Le feu a été un formidable moteur d'hominisation. Il éclaire et prolonge le jour aux dépens de la nuit : il a permis à l'homme de pénétrer dans les cavernes. Il réchauffe et allonge l'été aux dépens de l'hiver : il a permis à l'homme d'envahir les zones tempérées froides de la planète. Il permet de cuire la nourriture et, en conséquence, de faire reculer les parasitoses. Il améliore la fabrication des outils en permettant de durcir au feu la pointe des épieux. Mais c'est surtout un facteur de convivialité. En effet, autour du foyer se renforce l'esprit de groupe et sans doute naissent les premiers mythes. C'est alors qu'émergent les premières traditions culturelles régionales, les premières identités culturelles, avec l'apparition de styles dans la fabrication de certains outils, de designs.

H. de Lumley (préhistorien français), C. R. Palevol 5 (2006).


Du point de vue social, le rôle du feu n’a guère évolué. Qu’il soit emprisonné dans une cheminée ou au cœur d’un bivouac il est rassurant et apaisant. Pour un humain en situation de survie, il revêt un caractère moins accessoire. Bien sûr, il conserve son aura rassurante (ce qui est important en situation de stress intense) mais il est aussi et surtout une source de chaleur vitale, une protection contre les prédateurs, il permet de signaler sa présence, de préparer un repas chaud, de purifier de l'eau en la faisant bouillir, de façonner un outil, etc. L’aptitude à démarrer un feu reste une qualité essentielle pour survivre.


Pourtant, combien de personnes sont-elles réellement capables d'allumer un feu, y compris sous la pluie ? Trop peu. Cet article a pour but de donner un certain nombre de pistes au lecteur, en vue de faciliter son apprentissage.

 


Avertissements

Le feu a un potentiel de destruction immense, son utilisation requiert une grande prudence. Des décès et des incendies de forêts sont à déplorer chaque année, notamment par la faute d’inconscients maladroits. Par pitié, conduisez-vous en ‘bon père de famille’ et respectez les règles élémentaires de sécurité.

Dans certaines zones sensibles le feu est proscrit par la loi. Conformez-vous aux règlements en vigueur dans votre pays et dans la région où vous vous trouvez.

Les débutants doivent redoubler de prudence : augmenter les distances de sécurité, prévoir des seaux d’eau supplémentaires, etc. Les plus jeunes, tels les louveteaux, doivent impérativement être encadrés par un adulte responsable.

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Quelques connaissances de base

Triangle de feu

Pour démarrer un feu, il faut trois éléments :

  • une source de chaleur : une flamme, voire une étincelle
  • un carburant : du bois, de l’alcool...
  • un comburant : l'oxygène de l'air

Si l'un des trois composants manque ou est en quantité insuffisante, le feu ne peut durer.

Pour être tout à fait rigoureux : la source de chaleur initiale va vaporiser le bois, et les gaz émis lors de cette vaporisation vont se mélanger à l’oxygène ambiant. Cette combinaison donne le mélange combustible, qui prend feu ici grâce à la flamme de départ. Par la suite, la température permet d'autoalimenter le processus.


Préparation

La préparation du feu est une phase essentielle. Si elle est bâclée on ne parviendra pas à allumer son feu, et on aura perdu du temps et de l’énergie pour rien, en situation de survie cela peut s’avérer dramatique. Avec l’habitude, le temps de préparation va diminuer, seule la pratique permet de maîtriser ces techniques.

La préparation n’a pas pour unique but d’allumer son feu. C’est aussi, et avant tout, un élément clé de sécurité.


  • Tout d’abord, il y a une phase de préparation du terrain. Le lieu doit être :


• à l’abri du vent, qui diminue la chaleur du foyer et transporte les flammèches.

• néanmoins suffisamment aéré pour permettre aux fumées de s’échapper, ainsi que pour nourrir le foyer en oxygène. Attention en particulier dans les abris fermés (grotte, cabane…) à l’intoxication par les fumées.

• à l’abri de l’humidité du sol et de la pluie, qui pompent la chaleur du foyer. (cf. allumer un feu sous la pluie)

• situé sur un sol non-combustible, qui ne propagera pas le feu par-dessous le foyer (racines, tourbe). Il faut être particulièrement prudent, un feu peut avoir l’air d’être éteint alors que des racines se consument, risquant de provoquer un incendie longtemps après le départ du randonneur.

Une zone bien préparée pour accueillir un feu

• éloigné de matières facilement inflammables comme des broussailles (ronces sèches), ou encore de son propre matériel (sac à dos).


  • Ensuite vient le montage du feu. Il se fait ainsi :


Tout d’abord la préparation du bois. Il est indispensable d’avoir du bois prêt pour l’allumage ET pour l’alimenter par la suite. Cette remarque peut paraître évidente mais sur le terrain la tentation est grande d’allumer un feu avec quelques brindilles et deux bâtons fendus ou pire avec un bois passablement humide (il séchera bien avec le briquet…). Dans ces cas là on obtient généralement une petite braise chétive qui ne résiste pas malgré toute l’énergie que l’on mettra à souffler dessus.

Le but est donc d’obtenir une braise ou une petite flamme, qui embrasera de l’amadou. Il suffît ensuite de s’assurer de la propagation de cette flamme à des morceaux de bois de plus en plus épais, graduellement. On empile généralement les branches en tipi ou en pyramide (le feu monte, et ne descend pas).


En résumé :


 ÉTINCELLE ➜ AMADOU ➜ BRAISE/FLAMME ➜ PETIT BOIS ➜ GROS BOIS 


Ce schéma peut être raccourci. Si l’on utilise un briquet par exemple, il est tout à fait possible d’enflammer directement du petit bois sans avoir besoin d’amadou.


Suivi du feu

• Le feu doit toujours rester sous surveillance. Préparer suffisamment de combustible pour ne pas devoir s’éloigner afin d’en chercher.

• Le feu doit rester de taille raisonnable. Cela sert entre autres son contrôle et son approvisionnement.


Remarque importante : si la situation n’est pas favorable (par exemple avec un vent violent), il vaut peut-être mieux abandonner l’idée de faire du feu, et tenter d’éviter un sur-accident plus que probable.


Faire du feu

L'amadou

Le terme amadou (ou allume-feu) désigne tout produit facilement inflammable. En principe, une simple étincelle devrait suffire à y mettre le feu. Les amadous sont généralement fibreux (pour capter l’étincelle) mais assez denses (pour ne pas se consumer trop vite).

La quantité d’amadou joue sur la facilité avec laquelle prend le petit bois. Plus l’amadou brûle fort et longtemps, mieux c’est.

L’amadou doit être de préférence conservé au sec dans une boîte à pellicule-photo, un emballage de jouet Kinder – Œuf de Manise –, un morceau de paille dont les extrémités ont été bouchées avec de la colle ou du silicone, un tube de plastique quelconque scellé au briquet, un sac à congélation genre Ziploc, etc.

On divisera les amadous en deux catégories. Les amadous naturels (que l’on trouve en forêt) et les amadous artificiels (que l’on achète ou fabrique).


Ceux avec un ou plusieurs * peuvent démarrer avec une étincelle de FireSteel... (* = possible mais difficile, ** = correct, *** excellent).

Ceux avec un o peuvent prendre une braise et en faire une flamme en soufflant dessus (o = possible mais difficile, oo = correct, ooo = excellent)


Amadous naturels

souche de bois tellement grasse qu'elle s'enflamme au firesteel

Les amadous naturels ont un gros avantages sur les allume-feux artificiels : on peut les trouver dans les bois. Lorsque l'on cherche à allumer un feu, ils peuvent grandement faciliter la vie. Néanmoins, ils sont souvent plus difficile à mettre en œuvre que les allumes feux artificiels, il faut aussi savoir les trouver.

C'est pourquoi, comme à peu près toutes les techniques de survie, le savoir théorique ne remplace pas l'expérimentation et la pratique.


Bois gras

Bois gras**, chargé de résine, sentant la térébenthine, imputrescible. (en très minces copeaux)

Le bois gras, bois chargé de sève, caractéristique des pins, idéalement le pin noir d'Autriche mais cela marche également avec d'autres pins comme le pin sylvestre. Ce bois que l'on trouve sur des souches ou des branches coupées, brûle très bien une fois coupé en allumettes. Astuce pour le trouver : ce bois sent très fort la térébenthine.


les copeaux...

...s'enflamment


  • Préparer son bois bois gras


Généralement lorsque l'on trouve du bois gras on le débite en cubes ou bâtonnets que l'on garde pour les jours où le feu est difficile à allumer. Il est possible de conditionner différemment le bois gras, voire d'en préparer.

La première technique consiste à récupérer la sciure issue des coupes. Cette poudre s'avère facile à allumer au firesteel, c’est une alternative très économique au « maya dust ».

Allumage de cette sciure au firesteel en vidéo


La seconde technique consiste à saturer le bois de sève pour le rendre aussi gras que possible.

Voici la recette de Brimare :

Au printemps j’utilise la méthode du gemmage, en remplaçant les pots de terre cuite par de grosses boîtes de conserve en ferraille.

Par ailleurs lors de mes balades dans le pignada, lorsque je trouve une coupe de pins, je recherche des "semelles", ces lames de tronc que laissent parfois les bûcherons. Elles sont faites à la tronçonneuse à la base de l’arbre. C’est plat, du diamètre de la base du tronc. De retour à la maison, je ne garde que le cœur, que je découpe en petites bûchettes, d’environ 8 cm de long, 1 cm de largeur et 7 ou 8 mm d’épaisseur.

Vers Mai, Juin je commence à récolter de la résine.

Lorsque j’en ai un litre, un litre et demi, je mets les bûchettes de pin vert dans un récipient en verre pour faire des conserves (un litre et demi ou deux), qui ferme par joint en caoutchouc. Je les range verticalement et soigneusement de manière à laisser le moins d’interstices possible. Ensuite je recouvre le tout de résine. Je laisse le récipient en verre au soleil (il cogne dans le Sud-ouest, l’été). Je remue le pot de temps en temps pour que la résine ait une bonne homogénéité.

Au bout de quelques semaines, le pin est gavé de résine. Il ne reste plus qu’à laisser sécher les bûchettes à l’air libre. On fabrique ainsi plus de 50 bûchettes de bois gras par pot.


Écorce de certains arbres

(écorce de bouleau**/oo (la partie externe, en fibres minces), écorce de genévrier**/ooo (fibres minces de l'écorce interne seulement))

La fine raclure d’écorce de bouleau et de hêtre (il est probable que ça se récupère sur toutes les écorces lisses). La première étape consiste à gratter l’écorce de l’arbre (une écorce fine si possible). On cherche ainsi à obtenir des « bouloches » fines et aérées, les moins compactes possible. Il est tout à fait possible de frotter l’écorce pour n’obtenir que de la poussière. L’écorce doit être aussi sèche que possible, tout comme le support qui va l’accueillir. Ensuite on utilisera un firesteel par exemple pour enflammer cette préparation.

En dehors d'une situation de survie, il est préférable de ne prélever de l'écorce que sur des arbres morts.


Fibres de bois grattées/effilochées

L’objectif de cette technique est d’obtenir des fibres de bois les plus fines possible pour pouvoir les allumer facilement. On utilise un couteau (bien aiguisé) et la lame presque parallèle à la branche permet d’en tirer cet allume-feu très pratique quand il n’y a que des grosses sections de bois.



  • Une technique analogue : celle du "hérisson". Voici un tutoriel pour en réaliser :*


Premièrement il faut écorcer une branche. Ensuite on réalise quelques gros copeaux assez longs pour s'enchevêtrer et former une boule (le fameux "hérisson") qui prendra très facilement à la moindre petite flammèche. On continue en formant des copeaux sur la moitié supérieure de la branche. On commence par de gros copeaux assez long, puis on réduit progressivement la taille pour arriver à de minuscules copeaux très fins qui flamberont à la moindre étincelle. On place la branche de façon à ce que l'extrémité portant les gros copeaux soit légèrement plus haute que la base avec les petits copeaux : lorsque ces derniers s'allumeront, le feu se propagera ainsi plus facilement en "remontant".


La suite en vidéo


– Herbes sèches, nids d'oiseaux **/ooo

– Fagot d’aiguilles de conifères

– Akènes de certaines plantes

– Duvet d'oiseau

– Sciure de bois mort (produite par les insectes par exemple) */o

– Duvet de massettes***/oo


Amadou (Fomes fomentarius)

– Amadou au sens propre (type de champignon, utilisé séché)**/oo

L'amadouvier, Fomes fomentarius (L. : Fr.) Fr., est un champignon lignicole utilisé par l’Homme depuis la préhistoire. Ce champignon a été utilisé dans la fabrication d'allume-feux de manière quasi industrielle au XIXe siècle, c'est la raison pour laquelle son nom est devenu synonyme d'allume-feux. Dans son dossier "A la découverte de l’amadouvier" le site internet Futura-Sciences nous propose une recette du mycologue Persoon (1761-1836) pour préparer le champignon.


"Voici la manière de préparer l'amadou …. Après avoir exposé l'amadouvier dans un milieu frais ou dans une cave, pour le faire ramollir un peu, on le coupe ensuite par tranches minces ; on rejette la partie par laquelle le champignon adhérait à l'arbre ; on retranche aussi les tuyaux : on bat ces lames sur une pierre unie ou sur un billot de bois avec un marteau de bois ; on les dispose ensuite par lits dans une grande marmite de fer ou un chaudron ; on y verse de l'eau en suffisante quantité pour que le tout surnage, et on ajoute du salpêtre selon la quantité d'amadou : on fait bouillir le tout une demi-heure ou une heure. Après ce temps, on retire ces tranches et on les fait sécher lentement à l'ombre ou dans un lieu médiocrement chaud ; ensuite on recommence à battre …."


Il n’est pas forcement utile de préparer l’amadou au salpêtre (ou à la poudre noire), bien que cela facilite l’utilisation. Le résultat rappelle les mèches des pétards, des étincelles qui laissent place à une belle braise. Le salpêtre se trouve en pharmacie, compter 10g/l.


Voici un autre exemple de préparation d'amadou.

Les deux champignons prélevés font environ 5 cm de diamètre.

  1. Après avoir coupé la partie du champignon collée à l'arbre, je l'ai coupée en fines lamelles d'environ 5 mm, et j'ai séparé la partie supérieure (amadou).
  2. J'ai ensuite fait bouillir ces lamelles 1 heure ½, l'eau s'est colorée de brun clair jusqu'à noir.
  3. J'ai remplacé cette eau noire par de l'eau claire et reporté à ébullition, et à ce moment j'ai rajouté de la poudre (type artifice pour cette occasion) et laissé mijoter une ½ heure en SURVEILLANT SANS CESSE.
  4. J'ai égoutté les champignons qui avaient noirci franchement.
  5. J'ai placé les lamelles sur une grille et fait sécher dans l'insert de ma cheminée (sans feu évidemment mais avec le tirage au max pour une bonne circulation de l'air).
  6. 48 heures suffisent pour obtenir des lamelles fines et légères et parfaitement sèches.
  7. Essai avec un firesteel, et allumage immédiat : l'amadou se consume avec une belle braise et quelques petites étincelles sympathiques.

Bilan : ça fonctionne bien mais avec un produit bien sec , à l'abri de l'humidité extérieure. Reste à tester en condition réelle sur le terrain....


L’amadou s’utilise aussi en l’ayant simplement laissé sécher. Pour ce faire on retire la cuticule (l’écorce) du champignon, on le coupe en tranches et on le laisse sécher. S’il est difficile à couper, il vaut mieux le laisser dans un endroit humide pour qu’il se ramollisse. Une fois sec, il suffit de gratter la surface pour générer des bouloches aérées qui produiront une braise. Il faut savoir que plus l’amadou aura une apparence duveteuse, plus il prendra vite, mais plus il brûlera vite. Il faut trouver le bon compromis.



– Pomme de pin

Amadous artificiels

On voit sur cette photo des pailles scellées, contenant un mélange [coton gras/bois gras]


Coton gras

Blabla


  • Un exemple d'allume-feu au coton gras : l'Œuf de Manise


L’Œuf de Manise est une variante du coton + gras. Son originalité tient à son contenant, les emballages des jouets de Kinder Surprise.

Ce petit boîtier plastique ovoïde s’ouvre très facilement, d’une main ou en l’écrasant avec le pied, dans une situation où la motricité fine est absente (après une chute dans de l'eau glacée par exemple). C'est une solution pour avoir un allume-feu efficace et extrêmement simple d'usage. Il n’est pas indispensable de sortir le coton de son œuf en entier.

Voici comment réaliser un Œuf de Manise en images. À défaut d’utiliser du coton démaquillant, on peut utiliser du coton en "vrac" qui s'avère être moins cher et plus efficace (les fibres sont moins serrées).


Fabrication et allumage au firesteel d'un Œuf de Manise et de coton gras


– Coton de type démaquillant, tartiné ou non de vaseline ou d’un quelconque dérivé pétrolier (par exemple lubrifiant au lithium)

– Papier, tissu, etc. imbibé d’alcool, d’essence, de poudre noire, de cire

– Magnésium

Ficelle de sisal

Il s'agit de ficelle d'emballage classique. Elle est faite à partir des fibres d'une plante : le sisal.

Il faut la détorroner et séparer les brins, on obtient alors une boule d'amadou (compter la valeur de deux poings) qui s'enflamme au premier coup de firesteel.

Même si elle a été trempée, une fois complètement défaite, elle se sèche en l'essuyant sur une jambe de pantalon en quelques secondes.

Enfin, comme son prix est tout à fait compétitif, elle remplit largement sa mission pour le bricolage (installer un tarp...) et l'on a moins de remords à tailler dedans que dans de la paracorde ou de la cordelette de montagne.


Allumer l’amadou

Avec un briquet à silex

Le coup sec d’une tige en acier à haute teneur en carbone sur un silex permet, grâce à la dureté du silex, d’arracher à la tige de métal de petites particules incandescentes (étincelles ‘chaudes’).

Avec un Firesteel

Plusieurs modèles de Firesteel (alliage complexe de métaux) existent :

Firesteel en action sur de l'écorce de bouleau
Firesteel et coton + vaseline

– des modèles fins (souvent accolés à un bloc de magnésium)

– des modèles moyens (par exemple Light my Fire ‘Scout’ model)

– des modèles épais (par exemple Light my Fire ‘Army’ model)

Le principe du Firesteel est semblable aux pierres à briquets. Quand il est raclé vigoureusement, il produit des étincelles très chaudes qui permettent à l’amadou de prendre feu.

Son principal avantage réside dans sa résistance aux chocs, à l'eau, etc. Même trempé, il peut fonctionner, et ne s'oxyde que très lentement. Un grand modèle permet l'allumage théorique de plus de 20 000 feux.

Pour obtenir des étincelles, on peut gratter la tige de firesteel avec le grattoir fourni d'origine, un morceau de lame de scie à métaux, le dos d'un couteau, la lame de celui-ci, un morceau de verre ou de porcelaine, etc.

Quelques vidéos :

– sur l'utilisation du firesteel et du magnésium

– sur l'utilisation du firesteel et du coton + vaseline

Avec du magnésium

Avec un briquet

Avec des allumettes

Avec les rayons solaires

Par réaction chimique

Allumer un feu avec du permanganate de potassium et de la glycérine

Le permanganate de potassium solide est un oxydant très puissant. Une réaction très exothermique se déclenche lorsqu'il est mélangé à de la glycérine. Il peut alors se produire une combustion spontanée qui arrive à faire fondre le verre et un grand nombre de récipients, et peut mettre le feu à toute substance inflammable proche. D'où le danger lié au stockage de cette matière : il faut la mettre dans un contenant fiable ! Le coût est faible : comptez 5-6 euros (KMnO4 et glycérol) pour pouvoir lancer un très grand nombre de feux (avec de petites quantités, vous êtes tranquille pour longtemps)

Quel intérêt en survie ? Si les contenants sont étanches, aucun problème pour allumer un feu. Mais surtout, comme le magnésium, la réaction monte très haut en température et permet donc d'allumer des bois humides. Autre avantage non négligeable, la réaction prenant du temps, il est possible de préparer la réaction au cœur du futur feu, et de refermer celui-ci de telle sorte qu'aucune déperdition de chaleur ne se produise. Dernier avantage, vous êtes sûr que le feu se fasse : un petit tas, une goutte et c'est parti, pas de problème lié au vent, au froid etc. La seule crainte du KMnO4, c'est l'eau dans laquelle il se dissout : cela n'empêche pas la réaction, mais l'eau refroidissant celle-ci, on n'est pas certain d'obtenir une flamme dans ce cas. Comme toujours, la pratique permet de transformer la théorie en expérience.

Des critiques (parfois fondées) peuvent montrer ce genre de dispositif comme du gadget comparé à un briquet ou d'autres dispositif d'allumage. Comme toujours, il convient de se forger soi-même son opinion suivant ses besoins, sa facilité à gérer ce genre de produits et ses expériences vécues.

L'équation de la réaction : 14 KMnO4 + 4 C3H5(OH)3 → 7 K2CO3 + 7 Mn2O3 + 5 CO2 + 16 H2O

Nota : la glycérine se trouve aussi en pharmacie et n'est pas nocive. Elle coule lentement et aurait des propriétés laxatives. On peut s'en servir pour d'autres choses comme du savon, ou bien éviter que les miroirs ou masques de plongée ne s'embuent par exemple.

Voici l’expérience :

Faire un petit tas de permanganate de potassium (avec des gants, c'est un rappel) sur une surface ne craignant pas le feu (pour un essai) ou bien sur des copeaux de bois, des feuilles, etc. Faire un léger trou (genre volcan) en haut. Enfiler correctement ses lunettes. Verser une goutte de glycérol sur le tas à l'aide d'un compte-gouttes (trouvable en pharmacie, on peut transporter la glycérine dedans). Vous disposez de quelques secondes (entre 5 et 120 suivant la répartition du mélange, les conditions etc. mais cela reste facile à prévoir) pour refermer votre feu, ou mettre des branches dessus, et vous éloigner.

Puis, premier indicateur vraiment visible, cela se met à fumer. Et moins de 3 secondes après, une violente flamme apparaît, en même temps que de la fumée (que l'on ne respire pas, comme toujours.) Le glycérol est oxydé par le permanganate. Le KMnO4 chauffe et la chaleur fait qu'il libère plus rapidement son oxygène. Puis, il brûle. La couleur violette des flammes est due à la combustion du permanganate.

  • Une vidéo

Permanganate de potassium et glycérine

  • Un post sur le sujet:

Permanganate de potassium

Par réaction électrique

Par compression

Les brindilles et le petit bois

Cela peut être des brindilles, des petites branches de résineux (même verts), de l’herbe, du bois refendu ou coupé très fin. Selon l'humidité du bois, il est préférable de ne pas lésiner dessus. Son rôle est d'augmenter la température du feu afin que les autres matériaux plus difficiles à enflammer puissent à leur tour servir de combustible.

Une technique : le bâtonnage

Lorsque le petit bois fait défaut, on peut en obtenir en fendant de grosses sections dans la longueur. Ainsi on obtient un petit bois plus inflammable, puisque le bois est écorcé et même s'il pleut il est sec à cœur.

Le bâtonnage en vidéo

Le gros bois

De diamètre variable, c'est le carburant indispensable à une longue tenue du feu. Selon le type de bois, sa combustion peut être de très rapide à très lente. En règle générale, plus le bois est dur, plus sa combustion sera lente. Il est impératif d'en avoir suffisamment, surtout si on compte sur son feu pour passer la nuit dehors.

Les différents essences de bois pour le feu

Chaque type de bois a ses propres propriétés qui peuvent être utilisés différemment.

Voici une petite liste des essences de bois et de leur caractéristiques d'utilisation pour faire du feu :

Essences de bois et caractéristiques
Essence Chaleur Braises Flammes Durée Fumée Allumage
Chêne forte très bien courtes longue (facile? difficile?)
Hêtre bien bien claires moyenne
Orme forte bien moyennes moyenne
Charme bien très bien vives moyenne
Châtaigner médiocre peu haute courte
Aubépine bien peu moyennes moyenne
Bouleau bien peu haute courte
Épicéa moyenne peu hautes moyenne
Sapin moyenne moyennes vives moyenne
Pin moyenne peu vives courte

Perfectionnement

Certains foyers sont plus efficaces que d'autres, selon le but recherché. Dans l'idéal, on ne fait pas un même foyer pour cuisiner, s'éclairer, faire de la poterie ou encore se signaler.

Voici quelques feux améliorés, parmi les plus utiles.

Feu Dakota / Feu enterré

Paragraphe soumis à autorisation préalable.

Le Naïda

Table à feu

Considérations spécifiques pour l’E&E ou les militaires

La fumée

La lueur

Rappels sur les brûlures

Cas particuliers et exemples pratiques

Par friction


  • Comment fait-on ?

Peu importe la dureté des bois en question. Ce qu’il faut, ce sont de longues fibres (tilleul, pin, saule, noisetier, lierre, clématite, peuplier, aulne, bouleau, cèdre rouge, érable sycomore, ajonc, genévrier, sapin, rhododendron, frêne) et les bonnes combinaisons (drille en noisetier sur planchette en lierre, ou alors tilleul sur tilleul)...


  • Le feu par friction... oui mais

de David Manise


En France, énormément de promeneurs et randonneurs – y compris certains professionnels de la chose – s'aventurent en montagne ou ailleurs sans le moindre équipement, à part une bouteille d'eau et une carte IGN. C'est déjà mieux que rien, me direz-vous, mais en cas de pépin, il leur manque pas mal de choses. Je m'étonnais ainsi de voir un ami, accompagnateur en moyenne montagne, partir reconnaître le terrain pour de futurs clients sans le moindre équipement, à part la traditionnelle bouteille d'eau et la carte. Prenant un peu tout ça à la légère, il me disait qu'il ne risquait rien. Il avait un bon sens de l'orientation...

– Sans parler de se perdre... qu'est-ce que tu fais si tu te casses une jambe en tombant, ou si tu dois, pour une raison ou pour une autre, passer la nuit dehors ?
– Je vois pas de raison, répondit-il, presque énervé que je veuille ainsi critiquer sa façon de faire...
– Bon, ok, imagine que tu rencontres une jolie fille, sur le sentier, qui a une cheville cassée... tu ne vas pas la laisser là toute la nuit en attendant que les secours se ramènent !
– Non, bien sûr que non, je vais donner l'alerte et rester là avec elle.
– Bon... donc tu vas t'arranger pour qu'elle n'ait pas trop froid, pour qu'elle se sente à l'aise, et que les secours puissent facilement vous retrouver de nuit ?
– Ben oui, exactement... je vois pas le problème.
– Ben, le problème, c'est que ça serait extrêmement bien de pouvoir allumer un feu, par exemple... sauf que t'as même pas de briquet sur toi...
– Pas besoin de briquet, tu dois le savoir, toi... t'as qu'à frotter deux bouts de bois ensemble jusqu'à ce qu'ils prennent feu...

J'ai soupiré. Encore un. Encore un qui croit que c'est facile d'allumer un feu par friction, me suis-je dit. Et un pro, en plus...

– Tu l'as déjà fait ?
– Non, mais c'est facile...
– Bon ok. Vas-y, montre-moi, là, tout de suite.

Plus de deux heures plus tard, il jetait l'éponge. Les mains presque en sang, épuisé, il admettait qu'il n'y arriverait pas... Histoire de prendre sa revanche, il me mit évidemment au défi de faire mieux... Souriant, je me suis levé et je lui ai dit :
– Suis-moi.

Nous avons marché pendant au moins vingt minutes, à travers les broussailles et dans les pentes pour trouver, d'abord, un petit arbre mort qui ne soit pas tombé par terre, et qui soit situé dans un endroit bien sec... Il me fallait idéalement un hêtre, un genévrier, un noisetier, un saule, un peuplier... en tout cas autre chose qu'un pin ou qu'un chêne. Il fallait qu'il soit parfaitement sec. Nous avons fini par trouver un petit genévrier bien sec, qui ferait parfaitement bien l'affaire. J'ai commencé par lui arracher méthodiquement son écorce, qui servirait plus tard d'amadou. Ensuite, j'ai coupé une de ses branches pour en faire un archet. Puis, coupant le tronc avec mon couteau (notez que j'avais un couteau, contrairement à mon copain accompagnateur), je l'ai ébranché et je l'ai rapporté vers l'endroit où nous avions décidé d'allumer notre feu.

Durée totale jusque là : 45 minutes.

J'ai ensuite commencé à préparer mes matériaux. J'ai sculpté une petite drille bien droite dans la partie la plus haute et la plus droite du tronc. Un cylindre du diamètre de mon index, sur 25 ou 30 cm de long. J'ai ensuite taillé une planchette dans la partie moyenne du tronc. Il me fallait une petite surface plane pour forer mon premier trou...

Durée totale jusque là : 1 h 10 environ.

Ensuite, j'ai préparé l'arc (heureusement j'avais de la ficelle, sinon il aurait fallu en fabriquer à l'aide de fibres naturelles, ce qui en soi prend des heures...). Puis, utilisant le coin de ma tasse en inox comme poignée, j'ai commencé à forer un petit trou dans la planchette à l'aide de la drille et de l'archet.

Quelques secondes plus tard, un mince filet de fumée s'élevait, sous les yeux ébahis de mon ami.

– Ça y est, ça y est !
– Non, pas encore. Je suis juste en train de préparer les matériaux.
– Ça fait plus d'une heure !
– Je sais.

Patiemment, j'ai ensuite commencé à expliquer à mon ami toutes les étapes de fabrication d'un archet et d'une planche à feu. Les matériaux adéquats, les techniques de base. Puis, j'ai commencé à préparer l'amadou. Sortant les poignées d'écorce de genévrier de mes poches, j'ai commencé à en réduire une bonne partie en poudre. Une poudre fine et fibreuse, presque duveteuse, que j'ai ensuite enveloppée dans des copeaux de plus en plus épais, puis finalement des lanières d'écorce entières. L'idée est de former un véritable nid, bien compact, composé d'un cœur très fin et d'un contour graduellement plus solide. J'ai déposé le tout comme un objet précieux sur un bout de bois (et non par terre, pour éviter qu'il ne prenne l'humidité). J'ai ensuite commencé à tailler l'encoche dans la planchette... Sans couteau, cette étape est interminable. Coupant perpendiculairement aux fibres, j'ai donc formé une encoche bien propre et bien nette, partant du bord de la planchette et coupant une parfaite pointe de 40 degrés environ dans le petit cercle brûlé que j'avais créé plus tôt. Mon ami s'impatientait.

– Patience, patience... lui ai-je dit en souriant.
– C'est toujours long comme ça ?
– Normalement c'est plus long... J'avais une poignée toute faite, un couteau en acier et de la ficelle industrielle... c'est de la triche ! répondis-je, un peu amusé par la question.

Puis, ajustant bien la ficelle sur l'archet, crachant au fond de ma tasse en inox pour bien lubrifier le tout, j'ai dit :
– Ça y est. C'est pour bientôt.

Un peu stressé, quand même, j'ai enlevé mes chaussures, expliquant humblement à mon ami que pour une raison ou pour une autre je n'avais jamais réussi à faire du feu par friction autrement que pieds nus. J'ai placé mon nid d'amadou sous la planchette, et je me suis mis en position. Le genou droit à terre et le pied gauche sur la planchette, j'ai commencé à forer, le bras bien appuyé sur le tibia pour une parfaite stabilité.

Doucement, au début, j'ai actionné la drille grâce à l'archet, à l'aide d'un mouvement ample et lent. Quelques secondes après, de la fumée commençait à se faire voir. La douce, la merveilleuse odeur du genévrier brûlé parvint à mes narines et me fit sourire. L'odeur du bois me disait déjà que ça allait prendre. Il était assez sec. Il sentait assez bon. Voyant que de la sciure bien fine et bien noire commençait à déferler dans l'encoche, j'ai accéléré le mouvement, tout en augmentant graduellement la pression verticale sur la tasse en inox (qui commençait à chauffer elle aussi, malgré la salive...). Une fois l'encoche bien pleine de sciure, j'ai lancé le sprint final. 10 ou 12 allers-retours très rapides avec l'archet pour faire augmenter la température de la sciure noire et lui faire atteindre le point d'ignition.

Ensuite, enlevant tout doucement la drille du trou qui était désormais profond de plus d'un centimètre dans la planchette, j'ai agité doucement la main au-dessus du tas de sciure noire et j'ai dit à mon ami :
– C'est bon, ça a marché.

Il a ouvert des yeux aussi grands que des pièces de deux euros.

– T'es pas bien ? Je vois pas de feu, moi !

Souriant encore, je lui ai montré du doigt le mince filet de fumée qui continuait à s'échapper du petit tas de sciure noire...

– Y'a pas de fumée sans feu...

C'est là qu'il a levé un sourcil, et qu'il a hoché la tête d'un air énervé... Il était persuadé que je me moquais de lui.

Reprenant mon couteau, j'en ai posé tout doucement la pointe sur le tas de sciure fumant, et j'ai précautionneusement soulevé la planchette, de manière à ce que le petit tas de sciure reste sur l'amadou, comme un petit œuf noir fraîchement pondu au creux d'un nid bien douillet. Et là, j'ai soufflé très doucement, presque tendrement, et j'ai regardé les yeux de mon ami s'illuminer. Il venait de comprendre. Une braise !!!

Refermant le nid d'amadou autour de cette petite braise (pas plus grosse que le bout de mon doigt), j'ai soufflé tout doucement... puis refermant le tout un peu plus fort, j'ai soufflé, et soufflé, et soufflé encore... La fumée devenant plus épaisse et me piquant les yeux, j'ai senti que le moment était venu d'obtenir une flamme. J'ai donc inspiré à fond, en gonflant mon ventre, et j'ai soufflé graduellement de plus en plus fort et de plus en plus près du petit nid où mon feu couvait. Et là, comme si c'était un tour de magie, une boule de feu est subitement apparue entre mes mains.

Me brûlant un peu les doigts, crachant et les larmes aux yeux, je l'ai vite placée sous notre tas de brindilles sèches... j'avais allumé un feu sans allumettes. Durée totale, incluant évidemment la recherche, la récolte et la préparation des matériaux : près d'une heure trente... et j'avais un couteau, une poignée et de la ficelle.

J'adore allumer des feux par friction, en utilisant diverses techniques. C'est un passe-temps agréable. Ça peut toujours être une technique utile, si jamais je me retrouve sans aucun équipement en forêt (c'est peu probable, mais on ne sait jamais). Le feu par friction est aussi une façon absolument infaillible d'impressionner les jolies filles et de passer pour un vrai de vrai, un dur de dur... Cela ne change pourtant rien au fait que c'est une technique qui demande énormément d'entraînement et d'expérience pour fonctionner sur le terrain. C'est aussi une technique qui demande beaucoup de temps, et qui est entièrement tributaire des éléments, comme des matières premières à notre disposition. Autrement dit, dans certains cas ça ne marche tout simplement pas.

La morale de mon histoire est toute simple. Lorsqu'il s'agit de sauver des vies et d'allumer un feu rapidement, rien ne vaut l'efficacité brutale des techniques modernes : briquet au butane, tige de ferro-cerium (Firesteel) enflammant des copeaux magnésium et les faisant brûler à 3 000° C, allumettes-tempête qui brûlent même sous l'eau, et tout et tout. Tous ces moyens existent. Ils sont peu coûteux, fiables, et peu encombrants. Transportez-les !


Feu 100% ressources naturelles : marcassite et silex

Voici comment allumer un feu avec de la marcassite, du silex, de l’amadouvier, et un nid d’oiseau — abandonné, le nid ! — ou des herbes très sèches. Par Jean-Baptiste.


  • Les ingrédients

Ce sont des ressources naturelles que l’on trouve facilement en Haute-Normandie. La marcassite se rencontre sous falaise dans les platiers à marée basse, bizarrement on en découvre plus facilement après de gros vents d’ouest. Il faut avoir l’œil, on pourrait les confondre avec des galets. Leur aspect général de boules ou d’amalgames de boules foncées voire rouillées fait qu’on les repère assez facilement. Le silex est quant à lui très facile aussi à trouver : en effet tous les galets des plages de Haute-Normandie sont des silex. L’amadouvier est quant à lui ramassé à l'occasion de balades en forêt, ce champignon pousse en parasite sur les arbres morts ou vivants.


  • Le procédé

Éclater un morceau de silex de façon à obtenir une sorte de poire, fendre la marcassite en deux et former une rigole : celle-ci permet de canaliser les étincelles. Avec l’amadouvier (après un long séchage), on utilise la partie duveteuse que l’on effrite et que l’on répartit sur une grande surface, cela augmente les chances de réussite. On tape le silex sur la marcassite de façon à projeter des étincelles sur l’amadou. Il suffit d’une étincelle pour réussir, le tout étant de bien souffler dessus pour faire un bon petit brasier. Une fois le petit brasier fait, on le récupère et on le dépose dans le nid ou les herbes sèches, on souffle de plus en plus fort, et d’un seul coup, c’est magique, cela s’enflamme !


Allumer un feu sous la pluie

Il existe beaucoup de techniques pour allumer un feu sous la pluie. Voici une de celles utilisées couramment par Guillaume.

Matériel nécessaire : un poncho, un bon couteau de camp et de quoi allumer un certain nombre de feux. Le matériel d’ignition est protégé de l’humidité par un sac étanche. Attention toutefois aux sacs de ‘de congélation’, qui peuvent condenser.


1°) Trouver un coin alliant protection contre le vent et la pluie avec une profusion de combustible.


On peut démarrer le feu sous un arbre (attention aux branches basses) et contre son tronc (pas trop près quand même) pour profiter au maximum de sa protection.

Attention : il faudra déplacer le feu dès qu'il commence à prendre de l'ampleur (il faut donc préparer un autre endroit). Il est inutile de le déplacer très loin, simplement à distance suffisante pour mettre l'arbre hors de danger.

Voici un coin idéal : un pin mort debout et une multitude de bouleaux morts debout, visibles derrière. Du fait qu'ils sont morts debout, il sont secs à l'intérieur : l'eau de pluie ruisselle sur le tronc et n'a pas le temps de pénétrer dans le bois. Le pin mort présente aussi un autre avantage : de la résine s'est accumulée près de la souche, au centre du bois. Cette résine est extrêmement inflammable car elle contient de la térébenthine.



2°) Préparer le foyer


– Le plus important : protéger le feu de la pluie (ici, j'ai utilisé mon poncho).

– Fendre les bûches de bois mort debout à l'aide du couteau, en bâtonnant dessus, le couteau étant en fait utilisé comme un coin (ici, du bouleau et un peu de pin).

– Disposer les bûches fendues avec leur cœur vers le ciel de façon à former une plate-forme. Cela isole le feu du sol mouillé et va réfléchir les premières flammèches vers le centre du foyer : pas de perte de chaleur et le bois monte plus vite en température.

– Faire un petit réflecteur dos au vent avec le cœur des bûches fendues vers le foyer. Cela protège les premières flammèches du vent et réfléchit leur chaleur vers le foyer : pas de perte de chaleur et le bois monte plus vite en température.

– Enfin, placer les plus grosses bûches fendues autour du feu. Cela réfléchit un peu de chaleur mais surtout, même si le feu ne démarre pas du premier coup, les premières flammes auront partiellement séché le bois. Il en est de même pour le bois se trouvant sur le réflecteur.



3°) Préparer le bois.


Voici le bois que je préfère pour démarrer un feu : les branches basses mortes sur les pins. Il suffit de les écorcer, puis de les fendre en deux ou en quatre. On peut également les inciser, elles prendront feu plus facilement. Il en faut beaucoup.


Les flammes prennent mieux étant donné que le bois est plus fin à certains endroits.

À noter que l'on peut stocker les branches fendues dans une poche de sa veste au fur et à mesure qu'on les prépare afin d'éviter que le bois sec que l'on vient de mettre à nu s'imprègne de l'humidité ambiante.


Ensuite, préparer du bois (toujours écorcé et fendu) un peu plus gros à utiliser lorsque le feu aura pris (j'ai utilisé du bouleau mort).

Et enfin, faire une réserve de bois encore plus gros et le disposer autour du feu. Lorsque le poncho aura été retiré, penser à abriter la réserve de bois pour qu'elle ne soit pas mouillée.


4°) Allumage


Allumage avec un petit morceau de coton enduit de vaseline : ça rend le coton imperméable, il brûle plus longtemps tout en gardant sa propriété de s'allumer très facilement.

Sur la deuxième photo, vous voyez que j'ai déjà mis le bois un peu plus gros.

 Attention : ne jamais utiliser tout son allume-feu dès le début pour le cas où ça me marcherait pas du premier coup.


5°) Alimentation


Une fois que le feu est bien parti (penser à le déplacer et à retirer le poncho !), on peut commencer à ajouter les bûches qu’on avait disposées autour du feu.

Enfin, on met le réflecteur dans le feu (si on n'en a plus l'utilité pour, par exemple, réfléchir la chaleur du feu dans un abri de branchages).


Grosse pluie = Gros feu pour que les gouttes d'eau s'évaporent au-dessus du feu au lieu de tomber dans le centre du foyer et le refroidissent jusqu'à l'éteindre.

Le feu en hiver

Le feu par grand vent

Les feux, par grand vent (à partir de force 6) sont toujours dangereux, pour vous et la forêt qui vous abrite. Premièrement, vous aurez beaucoup de mal à allumer votre feu, si vous y parvenez quand-même, il aura tendance à s’éteindre sous la bourrasque, ensuite, les flammèches détachées du brasier, s’envoleront au gré du vent, pour disséminer l’incendie. Faites votre feu à l’abri, derrière un muret, au dos d’une colline, qu’importe, mais à l’abri, impérativement. Les feux, par vent (jusqu’à force 6) se font également à l’abri et DOIVENT être surveillés. Avant de quitter l’endroit du foyer, assurez-vous qu’il est éteint, ne laissez jamais derrière vous des braises fumantes, ni même un foyer chaud. Noyez le avec de l’eau, urinez dessus, recouvrez-le de terre ou de sable pour l’étouffer.

Liens intéressants

[id_cat Un guide sur les feux de la FSC, illustré et clair (Farde de l'animateur, Feux, Document .pdf, 8Mo, 32 pg.)

Le feu par friction … oui mais. (Par David Manise)