Orientation
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Sommaire |
Introduction
Le Nouveau Testament commence par une histoire d'orientation : les Rois mages suivent l'étoile du Berger pour trouver l'enfant Jésus à Béthléem.
Trouver son chemin est l'unes des actions essentielles en pleine nature. Cela faisait partie des gestes de la vie de tous les jours, de l'homme préhistorique au marin de la Renaissance qui se guide grâce aux étoiles. Pour l'anecdote, sur les couteaux Laguiole, une croix faite de petits clous figure souvent sur le manche. Elle rappelle la croix "des trois évêques", croix installée au XIIIe siècle au sommet d'un Puy à la frontière entre les diocèses de Rodez, Mende et Saint-FLour (aujourd'hui limite entre les départements de l'Averyron, de la Lozère et du Cantal). Cette croix permettait aux paysans de cette région de se repérer facilement.
Mais en ces temps, on parcourait d'abord par nécessité, et ce dès l'enfance, les alentours de son lieu de vie. Cela permettait d'acquérir une connaissance très approfondie mais locale du terrain. Or, la technologie a affranchi l'occidental de ces obligations. Ainsi le promeneur connaît rarement son environnement, et le randonneur ou aventurier d'aujourd'hui raisonne à l'échelle planétaire.
Ils doivent donc être capables d'identifier leurs itinéraires à l'aide ou non d'instruments.
Intérêt de l'orientation
Bon... soyons logiques. La meilleure façon d'éviter le pire en forêt, c'est de ne pas se perdre... L'orientation est nécessaire pour celui qui vit ou pratique un loisir ou un sport, en pleine nature. Elle devient indispensable en situation de survie.
Le sens de l'orientation est peut-être inné chez certaines personnes (quoique j'en doute...), mais pour la plupart des gens, ça s'apprend. Savoir lire une carte et utiliser une boussole (ou un GPS) sont évidemment des éléments importants pour une personne qui s'aventure loin des sentiers battus. Nous verrons ici la théorie, mais cela ne remplacera jamais un cours sur le terrain, dans des conditions réelles.
Un peu de bon sens
Simplement être attentif, se retourner de temps en temps et faire attention à quel sentier on devra prendre au retour peut être une excellente habitude à prendre... Si vous aviez une idée du nombre de gens qui réussissent à se perdre sur des sentiers balisés, vous seriez surpris(e) ;^).
A ce propos on pourrait recommander, lors d’une sortie en forêt, pour retrouver le chemin de la voiture si l’on s’en est éloigné on peut faire un plan du trajet que l’on fait, cela est facile si l’on suit des chemins, dessiner le chemin, la situation des arbres remarquable et de tout autre détail permettant de se repérer pour rentrer.
Si l’on ne suit pas les chemins l’affaire est un peu plus complexe.
Plan
Pour commencer, les outils pour déterminer sa position sur le globe, en d'autres termes sa localisation globale.
Ensuite l'usage du matériel d'orientation. [Matériel d'orientation]
- Une carte complétée d'une boussole : elles permettent d'identifier l'endroit où l'on se trouve et le chemin que l'on doit suivre. Ces deux outils sont fiables, peu coûteux et ne prennent que peu de place. Leur présence dans un sac devrait être une évidence !
- Le GPS (Global Positioning System) traduisible en " système de positionnement mondial " par satellite. Il permet à une personne de connaître sa position sur la surface de la Terre dès l'instant que cette personne est équipée du matériel nécessaire.
Enfin, il est possible de s'orienter sans instrument. Pour cela, il faut faire preuve d'inventivité, de bon sens mais surtout de connaissances.
Localisation globale
Le systéme géodésique
Pour identifier sa position sur la Terre il faut toujours le faire par rapport à des lignes imaginaires. Le système géodésique ou Map Datum est un sytème mathématique de référence qui tente de modéliser le passage de ces lignes et les paramètres liés à la forme de la Terre. La planète n'étant pas réellement une sphère mais plutot un ellipsoïde aplati du fait de sa rotation, et sa surface n'étant pas régulière (montagnes, plaines, océans...), le système géodésique n'est qu'une représentation théorique imparfaite.
Les ellipsoides de référence sont très nombreux et jusqu'à il y a peu de temps, chaque pays choisissait le sien : il existe donc des centaines de systèmes géodésiques tous élaborés à des époques et des régions différentes de la planète.
La référence mondiale actuelle est le WGS84 (Word Geodesic System of 1984). En France, les plus couramment utilisé sont le ED50 (European 1950), NTF (Nou Triag France, Nouvelle Triangulation Francaise) et bien sur le WGS 84.
Il est très important dans l'utilisation des cartes et d'un système de positionnement comme le GPS, de vérifier la cohérence du système géodésique. Les mêmes coordonnées géographiques ou UTM dans des systèmes géodésiques différents, pourront placer des points jusqu'à plusieurs centaines de mètres d'écart.
les coordonnées géographiques
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Les coordonnées, comme en mathématiques, sont un moyen d'identifier la localisation d'un point par rapport à deux axes. Les coordonnées terrestres les plus connues, sont données par rapport aux parallèles et aux méridiens. La latitude, souvent notée LAT, s'exprime par rapport à un axe nord/sud, tandis que la longitude, LON, s'exprime par rapport à un axe est/ouest.
L'une comme l'autre, elles sont exprimées en unités angulaires :
- DMS : Degré-minute-seconde Ex : 23°45'53 " Est
- D.d : Degrés décimaux Ex : 4,4567890° Ouest
- DM.d : Degré-minute décimale Ex : 40°32,725' Sud
- DMS.d : Degré-minute-seconde décimale Ex: 120°40'23,235 Est
- G : Grade Ex: 7.35 gr Est
les coordonnées UTM
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Le projection cylindrique de type Universal Transverse Mercator (UTM) de la terre sur un cylindre, permet d'exprimer les coordonnées en unité métrique par rapport à un zone de référence parmi 597 couvrant toute la terre. Les coordonnées qui résultent de ce système, sont beaucoup plus pratiques à utiliser car elles s'expriment en km ou en m, sur un quadrillage équidistant. Elles sont faciles à calculer sur une carte dont on connaît l'échelle, facilement divisibles et additionnables. Ex : Zone 31 U 703298 Est 4588532 Nord (exprimées en m)
Repérer sans instruments manufacturés sa latitude et sa longitude
Il est des situations où il est bon de pouvoir se repérer afin de mieux élaborer sa stratégie de survie, suite à un événement tel qu'un crash, ou un naufrage... Le scénario est un peu "catastrophe et extrême", mais n'a rien d'impossible.
L'exercice peut être aussi intéressant à réaliser, en dehors de ces situations dramatiques, par exemple au cours d une expédition motorisée, safari, expé arctique... quelque chose à long terme et impliquant un déplacement minimum de plusieurs dizaines de kilomètres, cela afin de faire apparaître une différence de positionnement (entre le début de l'expédition et la fin de celle ci) mesurable.
En d'autres mots, et à titre de précision afin de bien cerner les limites de cette méthode et de sa véritable utilité, vouloir déterminer sa position pour se situer est possible, mais vouloir déterminer une distance parcourue sur seulement quelques km, bien que théoriquement possible, reste illusoire à faire avec la méthode qui va suivre, en raison du manque de précision inhérent à nos moyens de mesure disponibles, et du fait de la trop faible variation des valeurs mesurées entre les points de départ et d'arrivée.
Donc en résumé cette méthode est très bien adaptée à :
- la détermination de la longitude et de la latitude de l'endroit où on se trouve ;
- la détermination d'une distance parcourue "à vol d'oiseau"", si cette distance est au minimum de quelques dizaines de km, ou mieux, de quelques centaines de km.
Tout d abord un petit rappel :
Déterminer notre position sur notre globe terrestre, cela revient à définir une latitude et une longitude.
Simplement dit, la latitude se matérialise comme un cercle parcourant la surface du globe terrestre et parallèle à l'équateur. La valeur angulaire de celle-ci est comprise entre 0 degré et 90 degrés nord, et 0 degré et 90 degrés sud.
La longitude, elle, qu'on appelle aussi méridien, correspond à un cercle parcourant la surface du globe en passant par le pôle Nord et le pôle Sud, et coupant l'équateur perpendiculairement. En image, on peut la visualiser comme la ligne séparant deux quartiers d'orange successifs. La valeur angulaire de celle-ci (définie par rapport à un méridien de référence : méridien de Greenwich) est comprise entre 0 degré et 180 degrés est, et 0 degré et 180 degrés ouest.
Déterminer sa latitude
La première partie de la méthode consiste à déterminer la latitude du lieu où on est. Pour cela, il faut procéder à une simple mesure astronomique :
mesurer la distance angulaire entre l'horizon et l'étoile polaire, qu'on suppose en première approximation couper l'axe de rotation de la Terre, autrement dit, mesurer la hauteur de l'étoile polaire par rapport à l'horizon.
En posant comme autre approximation que notre ligne de visée pointant l'étoile polaire est parallèle à l'axe de rotation de la planète, la valeur angulaire relevée par notre "instrument" correspondra à la latitude du lieu où l'on est.
En réalité, cette ligne de visée n'est pas tout à fait parallèle à l'axe de rotation terrestre. Mais compte tenu de la différence énorme existant entre le rayon terrestre (6 000 km environ) et la distance entre la Terre et l'étoile polaire (environ 430 années-lumière), on peut sans problème considérer cet angle comme nul par souci de simplification.
Ceci est illustré dans les deux premières figures :
- Dans la première figure (figure 1), l'approximation disant que la ligne de visée de la polaire est parallèle à l'axe de rotation terrestre n'est pas faite. On voit qu'il n'y a pas vraiment de relation angulaire immédiate ou facile à déterminer entre la latitude du lieu et l'angle formé entre l'horizon de notre lieu et la ligne de visée de l'étoile polaire (autrement dit, la hauteur mesurée de la polaire).
- Dans la seconde figure (figure 2), cette approximation est considérée, et dans ce cas, on a donc la latitude qui est directement égale à la hauteur de la polaire sur l'horizon. En s'amusant, par l'esprit, à faire glisser notre lieu, soit vers l'équateur soit vers le pôle, on peut se rendre compte que la latitude et la valeur de la hauteur mesurée évoluent de concert et de la même façon.
Concrètement, cela se fait donc de nuit et le seul instrument nécessaire sera un "secteur", pouvant être fabriqué avec :
- deux branches fines droites liées entre elles par une extrémité et pouvant s'écarter l'une de l'autre, à la manière d'un compas ;
- un compas d'écolier dont chaque branche est prolongée par une tige droite ;
- un rapporteur d'écolier possédant un rayon amovible.
L'important est de pouvoir fixer rigidement l'instrument de mesure, de façon à avoir une des branches (ou la base du rapporteur) bien horizontale. L'horizontalité peut se contrôler par le biais d'un niveau à bulle, d'un fil à plomb, d'un verre d eau...
Ensuite, avec l'autre élément mobile (autre branche du compas, ou rayon amovible) on effectue la visée, comme le long d'un canon de fusil, de l'étoile polaire.
Une fois cela fait, il suffira de lire la valeur angulaire donnée par l'instrument (pour le cas où l'on n'a qu'un simple compas, cette valeur correspondant à la latitude du lieu où l'on se trouve). Par construction géométrique, il est possible d'avoir accès à pas mal d angles standards (ex : 60 degrés, et bien sûr 90 degrés) et d'obtenir leurs sous-multiples, ou leurs multiples, et toutes les combinaisons souhaitables... (2)
Déterminer sa longitude
La seconde partie de la méthode consiste à déterminer la longitude du lieu où l'on est. Pour cela, il faut procéder à une autre simple mesure astronomique, diurne celle-là :
Ici, déterminer notre longitude revient à faire une mesure de type chronologique. Si on visualise la terre entrain de tourner sur son axe, on voit bien que la face éclairée par le soleil défile autour de l'axe de rotation de la planète. Ce défilement se faisant d'OUEST en EST. De notre point vue terrestre et "subjectif", ce défilement se matérialise à notre vue par un parcours du soleil sous forme d'arc de cercle, parcours se faisant d'EST en OUEST, du matin au soir.
Lorsque le soleil a parcouru la moitié de sa trajectoire journalière, il se situe au plus haut point possible de sa trajectoire dans le ciel, au sommet de sa trajectoire. Ce point s'appelle le zénith (nom pouvant être utilisé pour la trajectoire d'autres objets astronomiques). À ce moment précis, lorsque le soleil est au zénith, si on trace une ligne passant par le centre du soleil et le centre de la Terre, cette dite ligne coup le méridien du lieu où l'on se trouve, ou, autrement dit, la longitude de ce lieu.
Le but est donc de déterminer à quel moment de la journée le soleil est à son zénith. Ce qui revient, très simplement dit, à déterminer le "midi solaire". Un point important, afin de déterminer une valeur de longitude, est de posséder avec soit une montre réglée sur une "heure solaire" correspondant à un lieu dont on connaît la longitude. Par exemple : si on est parti de Paris pour son voyage, il faut avoir sur soi une montre ayant l'heure solaire de Paris au moment du départ, et ne plus y toucher. Cette montre nous servira de référence. L'idéal étant d'avoir une montre réglée sur "l'heure solaire" au niveau du méridien de Greenwich car, ce méridien correspond à une longitude de 0 degré, ce qui évite un petit calcul de compensation, obligatoire si on prend l'heure solaire d'un autre méridien.
Pour ce faire, il suffira de fabriquer un cadran solaire rudimentaire (bâton droit planté dans le sol) et de mesurer à intervalles réguliers la longueur de l'ombre portée par le soleil. Lorsque cette ombre aura atteint un minimum de longueur, elle recommencera à s'allonger. Ce minimum de longueur correspond à la position zénithale du soleil. À ce moment, il faudra noter l'heure solaire qui apparaît sur la "montre de référence". Conservez soigneusement quelque part cette différence entre les deux.
Sachant que la Terre tourne sur 360 degrés en 24 heures, il sera facile de déterminer à combien de degrés correspondra la différence temporelle que vous aurez observée entre votre "montre de référence" et votre "midi solaire local"...
Exemples :
Je pars en avion de Moscou, qui est a environ 37 degrés de longitude EST (par rapport au méridien de Greenwich), et au bout de quelques heures de voyage, je me crashe dans un endroit inconnu de moi. Donc je suis parti de Moscou avec une montre réglée sur l'heure solaire de Moscou. Bon, je fabrique mon cadran solaire, je repère le moment où le soleil est au zénith, et sur ma "montre référence" je lis à ce moment-là 15h 30min. J'en conclus qu'entre Moscou et moi, il y a un écart temporel de méridien de 3h 30min. Si au moment de la mesure, il est 15h 30 solaire à Moscou alors que pour moi il est 12h 00 solaire, cela veut d'abord dire :
- première info : que Moscou est à l'EST de ma position.
- seconde info : sachant que la Terre fait 360 degrés en 24 heures, alors combien de degrés fera-t-elle en 3,5 heures ? (Pour la règle de trois, ne pas oublier de convertir le système des heures/minutes/secondes en système décimal pour plus de facilite... ex : 1 heure et 45mn =1,75 heure.) Réponse : 360/24=15 degrés par heure. Donc 3,5 heures correspondent à 3,5 fois 15 degrés, soit 52,5 degrés. Donc, j'ai subi un décalage en longitude de 52,5 degrés à l'OUEST de Moscou.
- Donc j'ai traversé, en partant de Moscou, tout d'abord : 37 degrés de méridien vers l'ouest ; à ce moment, je traverse le méridien de Greenwich qui correspond a 0 degré de longitude ; et je traverse, toujours vers l'ouest, 15,5 degrés supplémentaires, toujours vers l'ouest. Donc je suis en fait à 15,5 degrés (15 degrés et 30 min) de longitude ouest par rapport au méridien de Greenwich.
Conclusion, dans cette simulation, apparemment, mon appareil s'est planté quelque part sur un îlot à l'ouest de l'Irlande, en plein océan Atlantique...
Comme vous le voyez, la seule petite subtilité consiste à ne pas oublier que le méridien de Greenwich nous sert de référence pour nos calculs (et qu il faut tenir compte de sa traversée éventuelle, et qu'on compte en longitude est et longitude ouest de part et d'autre du méridien) mais par contre on ne s'en soucie pas pour nos mesures directes...)
Autre exemple un peu plus simple, car on ne traverse pas, au cours de notre voyage le méridien de Greenwich :
On part toujours de Moscou (37 degrés de latitude est), lors du crash, on refait notre petit cadran solaire, et la, lorsque le soleil est au zénith ici, on lit sur la montre règle sur l'heure solaire de Moscou : 09h 45. Donc il y a un décalage horaire de 2h 15min soit 2,25 heures. S'il est, au même moment, 12h 00 solaire sur le lieu du crash, et 09h 45min solaire à Moscou, ça veut dire que Moscou est à l'OUEST de notre position. Donc puisque en 24 heures, on sait que la Terre fait un tour complet de 360 degrés, de combien de degrés a-t-elle tourné en 2,25 heures ? Nouvelle règle de trois, ce qui donne : 2,25 x 360 /24 = 33,75 degrés soit 33 degrés et 45 minutes. On a donc parcouru 33 degrés et 45 min, ou 33,75 degrés en s'éloignant de Moscou en direction de l'EST. On s'est donc crashé quelque part à (37+33,75) degrés soit à 70,75 degrés (70 degrés et 45 min) de longitude est, par rapport au méridien de Greenwich, donc quelque part en plein milieu de la Russie, peut-être pas trop loin du Pakistan ou de l'Afghanistan (ça dépendra bien sûr de notre latitude aussi)...
Dans le troisième schéma, j'ai défini 24 méridiens, qui correspondent en fait au 24 fuseaux horaires classiques, ça ne reste qu'une illustration, mais bien sûr, en réalité on a une infinité de méridiens compris entre 0 degré et 180 degrés de longitude ouest, et 0 degré et 180 degrés de longitude est).
Seul inconvénient, ça nécessite un peu de temps et une journée claire suivie d'au moins un crépuscule à peu près découvert. Mais ça marche, c'est simple, et le matériel est disponible partout (branche, débris du crash ou du naufrage...). Seules précautions : précautions la longitude de son lieu de départ, et avoir réglé sa montre à l'heure solaire de ce lieu.
Si on est dans l'hémisphère sud, rien ne change pour la détermination de la longitude. Pour la latitude, il faut viser un endroit de la constellation de la croix du sud (http://fr.wikipedia.org/wiki/Croix_du_sud) et relever la hauteur de cet endroit, par rapport à l'horizon. Comme on fait avec la polaire, dans l'hémisphère nord.
(cliquer sur l'image pour zoomer)
S'orienter avec du matériel
Carte et boussole
On l'a dit, partir dans la nature ne doit pas se faire sans une carte convenablement choisie et une boussole. Ici, nous allons expliquer comment se servir de ces deux instruments.
Déterminer son azimut grâce à une carte
C'est le cas où vous souhaitez suivre une direction tracée sur votre carte.
On oriente en premier sa boussole en positionnant le nord sur le trait orange.
Ensuite, sans toucher à l'orientation de la boussole, on tourne la carte pour la faire coïncider avec son nord.
Enfin, on place la boussole sur la direction tracée sur la carte (de sorte que la boussole parte de A pour aller vers B), et on peut lire sur la boussole l'azimut qui est l'angle formé entre le nord et la direction recherchée.
Déterminer un point de repère pour suivre un azimut
Déterminer sa position par triangulation
Les corrections à apporter au Nord de la carte
Voila un petit détail qui écarte beaucoup de gens de leur itinéraire prévu : le nord magnétique se déplace lentement mais sûrement (il bouge d'environ 40 km par an). Actuellement, le pôle nord magnétique de la terre se situe au Canada (eh oui ;^) autour de 81,3 degrés nord et 110,8 degrés ouest.
Autrement dit, le haut de la carte, le nord géographique, n'est pas exactement le nord que vous indique votre boussole. Votre boussole vous indique toujours le nord magnétique. Selon l'endroit où vous vous trouvez, la boussole indique quelques degrés trop à l'est ou trop à l'ouest.
Sur une carte topographique de bonne qualité, la déclinaison magnétique est généralement indiquée pour l'année d'édition de la carte. On ajoute aussi la dérive annuelle, qui vous permet de calculer la déclinaison réelle. N'oubliez JAMAIS d'en tenir compte !!!
Attention : la déclinaison, c'est simplement l'angle qui sépare le nord magnétique et le nord géographique. On n'a pas fait le calcul pour vous. Si on vous dit que la déclinaison à utiliser sur une carte est de -2°, ça ne veut pas dire que vous devez soustraire deux degrés à vos azimuts ! Ça veut bel et bien dire que le nord magnétique est deux degrés à l'ouest du nord de la carte.
On soustrait toujours la déclinaison de l'azimut.
En tirant un trait (imaginaire ou réel) sur votre carte entre votre position et l'endroit où vous voulez aller, et en prenant l'angle entre cette ligne et le nord géographique de votre carte, vous obtenez votre azimut. Soustrayez ensuite la déclinaison, et visez :^). N'oubliez pas non plus que si vous maniez votre boussole près d'un objet métallique (grosse montre, couteau accroché au cou, voiture, mine de fer…), elle sera faussée… parfois beaucoup.
Le GPS
Le GPS, en version civile, a fait son apparition en masse, en France, après la première guerre du Golfe (1991). Il est en voie de se généraliser.
Le Waypoint
Waypoint est un mot anglais signifiant point de route. C'est un point imaginaire dont les coordonnées géographiques ou UTM sont connues. Un waypoint est déterminé par calcul sur une carte, par relevé sur le terrain ou grâce à un logiciel de cartographie numérique. Une fois chargé sur un GPS, celui ci, peut indiquer sa direction et sa distance.
Un waypoint est identifié par un nom et peut faire partie d'une route.
Le nombre de waypoints mémorisable est un critère de choix important pour un GPS.
La route
La route, utilisée dans une terminologie destinée au GPS, est une suite de waypoints, associés les uns aux autres de manière à constituer une prévision de trajet. Elle représente le trajet prévu.
Elle est identifiée sur le GPS par un nom. L'activation de cette route permet au GPS de guider l'utilisateur au premier point puis du premier au second, puis du second au troisième et ainsi de suite. La route est déterminée à partir de waypoints relevés sur le terrain ou grâce à un logiciel de cartographie numérique.
Le nombre maximum de waypoints possibles dans une route, ainsi que le nombre maximum de routes sont des critères important dans le choix d'un GPS.
La trace
La trace enregistrée par un GPS, est une succession de points virtuels, connus par leur coordonnées géographiques ou UTM, mémorisés au fur et à mesure du déplacement de l'utilisateur. La fréquence d'enregistrement de ces points est paramétrable sur le GPS. Elle représente le trajet parcouru.
A chaque point de la trace, le GPS enregistre différents paramètres instantanés comme l'altitude, la vitesse, le cap...
La trace permet de revenir sur ses pas et de conserver ses parcours pour les afficher sur un fond de carte grâce à un logiciel de cartographie numérique.
Le nombre de traces enregistrables ainsi que le nombre maximum de points par trace sont des critères importants pour le choix d'un GPS.
S'orienter avec des moyens de fortune
Savoir s'orienter sans instrument n'est pas un luxe. Il est tout à fait possible que le jour où vous serez en situation de survie, vous n'aurez ni carte, ni boussole, ni GPS. D'autant que des techniques simples pour se repérer dans l'espace existent.
Il se peut également que vous soyez parti en ballade sans boussole. Bien entendu, dans un monde idéal, toute personne qui déciderait de quitter un sentier balisé devrait en avoir une, savoir s'en servir, et effectivement l'utiliser. Pourtant, c'est rarement le cas… et je suis le premier fautif, j'avoue…
Marcher avec une boussole prend du temps, réduit la spontanéité de la ballade, empêche les promeneurs de tourner en rond, quoi ;^). Si vous faites le choix de ne pas utiliser votre boussole, sachez que vous prenez un risque, et minimisez-le au maximum en étant capable de vous orienter par d'autres moyens…
Quelques principes de base :
Avant tout, observez votre environnement à l'affût de détails marquants dès votre départ.
Ne vous fiez pas à votre mémoire visuelle ou à votre " instinct " de pigeon voyageur pour retrouver votre chemin. Trouvez-vous plutôt un point de repère visuel fixe et bien visible. Le sommet d'une montagne avoisinante, l'étoile polaire ou un grand arbre. Si, à l'aller, vous avez votre repère à votre gauche, vous n'aurez qu'à marcher en l'ayant à votre droite pour faire chemin inverse.
Divisez votre monde en tranches horaires, comme les pilotes de chasse… ça fait un peu militaire, mais ça fonctionne. Ainsi, si vous avez le soleil à deux heures à l'aller, pour revenir sur vos pas, vous devrez l'avoir à…
… combien ?
… hein ?
… vous donnez votre langue au chat ?
Non. Pas à 10 heures, Toto ;^)
créer une boussole de fortune
A voir dans la page "boussole" :fabriquer une boussole rudimentaire. --Survivre-en-milieu-hostile 11 février 2010 à 14:59 (UTC)
Orientation diurne
S'orienter avec le soleil
Beaucoup de gens pensent que le soleil peut les guider aussi bien qu'une boussole. Quand bien même on fermerait les yeux sur toutes les fois où il est masqué par des nuages, des montagnes ou des arbres, cette croyance doit être largement relativisée. S'il est vrai qu'on peut se servir du soleil comme assistance à l'orientation, il est illusoire de compter sur lui comme on compterait sur une boussole ou sur les étoiles. Tordons le cou à quelques idées reçues...
"Le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest."... oui mais non. Le soleil parcourt un arc de cercle dans le ciel, un parallèle céleste, centré sur le pôle nord céleste près de l'étoile polaire. Tout comme la Terre, le ciel peut en effet être imaginairement quadrillé de méridiens et de parallèles, dont chacun sera à la verticale exacte de son pendant terrestre. Ainsi, le 45ème parallèle du ciel est celui que l'on a au dessus de sa tête lorsqu'on se tient à 45° de latitude nord. (L'équivalent céleste de la latitude s'appelle la déclinaison.)
La déclinaison d'une étoile banale reste à peu près constante durant l'année, mais celle du soleil varie à cause du mouvement de la Terre le long de son orbite et de l'inclinaison de son axe. Ainsi en été, le soleil apparaît avec une déclinaison élevée (on le voit plus haut dans le ciel) tandis qu'en hiver sa déclinaison est négative (positive dans l'hémisphère opposé), on le voit alors bas dans le ciel, voir pas du tout si l'on est suffisamment au-delà du cercle polaire. De même, les parallèles célestes ne rejoignant pas tous l'horizon au même azimuth, il se lève chaque matin et se couche chaque soir à un endroit légèrement différent. (cf. image ci-contre) Ainsi, en France métropolitaine, lors du solstice d'été, on peut voir le soleil se lever à l'azimuth 52° (quand l'est est à 90°, soit 38° à droite du soleil !). Inutile donc de sacrifier une grasse mat' dans l'espoir de connaître précisément la position de l'est grâce au lever du soleil.
"Le soleil parcourt 15° degrés par heure."... oui, mesuré le long de l'arc de cercle qu'il parcourt, pas en azimuth sur l'horizon. Lorsque cet arc de cercle est proche de l'horizontale (latitudes nordiques), ou que la portion d'arc de cercle est proche de l'horizontale (vers le midi solaire aux latitudes tempérées), on peut estimer l'augmentation d'azimuth à 15° en une heure. Aux latitudes tropicales, ou bien le matin ou le soir, l'approximation est complètement fausse.
"A midi, le soleil est pile au sud."... oui mais non ! Effectivement au zénith, quelle que soit la saison et la latitude, dans l'hémisphère nord le soleil est toujours au sud, oui. Mais le zénith n'est pas à midi. Il n'est pas non plus à 13h00 ou à 14h00 selon l'heure civile en cours, comme certains l'entendent. Le moment précis du zénith dépend de l'heure civile mais aussi de la position de l'observateur dans son fuseau horaire. Encore une fois, entre Brest et Nice, la différence de cap donnée par le soleil à un instant donné peut être supérieure à 30° ! Et à propos de zénith, "la méthode du bâton" n'est pas assez précise non-plus pour mériter d'exister.
Il convient donc de relativiser la précision du soleil. S'il n'est pas utilisable facilement pour obtenir un cap précis, le soleil offre toutefois un repère relativement "fixe" sur un court intervalle de temps. Et s'il ne permet pas de parcourir de longues distances en vue de toucher un objectif précis, il donne quand même au voyageur une direction générale à suivre, à affiner avec d'autres repères. Si l'égaré hésite à suivre un sentier vers la droite ou vers la gauche, le soleil peut lui donner la réponse. Il n'est donc pas sans valeur, loin de là. Il faut seulement lui laisser la juste place qui est la sienne, et ne pas jouer au scout qui cherche à impressionner la troupe par sa fine connaissance des mouvements astronomiques...
S'orienter avec une montre
Cette technique est très imprécise en générale et n'est applicable que sous certaines conditions bien particulières. Aussi, cette technique ne sera pas décrite ici.
Autres méthode
L'observation du terrain
Il est possible de déterminer approximativement la position du nord en observant l'environnement. Le soleil peut nous y aider, mais aussi la végétation. Des mousses et lichens poussent plus abondamment du côté nord des arbres, des montagnes, des rochers… Ayant besoin de beaucoup d'humidité pour pousser, ils poussent mieux du côté le moins ensoleillé des objets, donc au Nord. En montagne, ou dans les régions vallonnées, il n'est pas rare de voir un côté de sommet gelé ou enneigé, alors que de l'autre côté la neige et la glace fondent. La face la plus froide d'une montagne est généralement la face nord. La végétation, du côté nord des sommets, est généralement mieux adaptée à un climat froid que celle qui est du côté sud. Néanmoins l'orientation peut varier complètement en fonction de l'exposition de la pente ou du sens du vent dominant ! Ça n'est donc pas une règle absolue, mais ça peut donner une petite idée quand même. C'est en observant une multitude de petits détails de ce genre que l'on peut, avec l'habitude, toujours avoir une idée relativement précise de l'emplacement des points cardinaux. C'est mieux que rien, en tout cas.
Cette observation s'avère également très utile pour savoir où et avec quelle orientation installer son campement (ouverture dans le sens opposé à la mousse).
Lorsqu'on s'oriente sans boussole, il est bon d'avoir plusieurs points de repère et plusieurs indices de la direction qu'on prend avant de se décider à bouger. Si deux ou trois indices vont dans le même sens, vous risquez moins de vous tromper que si vous avez deux indices contradictoires. Observez bien, prenez note des petits détails et faites les concorder.
Pour les aller-retours
L'idéal est évidemment de baliser son sentier. Marquer son chemin, comme le Petit Poucet, est un peu laborieux, mais c'est le moyen idéal d'être sûr de retrouver son chemin au retour. Utilisez des rubans colorés, des bouts de tissus voyants ou n'importe quoi du même genre pour marquer votre passage en les accrochant aux branches, ou en les laissant par terre (si le terrain est dégagé). Vous pouvez aussi, si vous êtes sadique et que vous n'avez pas peur de blesser les arbres, enlever des bouts d'écorces çà et là avec une machette ou un couteau pour vous orienter au retour… Mais de grâce, ne faites ça qu'en dernier ressort. Ça blesse les arbres (vraiment…). Ah oui, et tant qu'à faire, arrangez-vous pour pouvoir voir vos traces au retour… autrement dit dépassez l'arbre que vous voulez marquer, retournez-vous et marquez-le… (je sais, faudrait être con, mais ça s'est déjà vu ;^).
Lorsque vous marchez, retournez-vous fréquemment pour prendre des points de repère qui vous seront utiles au retour… Ne vous fiez pas uniquement à cela, évidemment. Sachez simplement que le sentier vu dans un sens ne ressemble pas toujours au sentier vu de l'autre côté. Prenez particulièrement garde aux intersections, et prenez toujours une note mentale (ou mieux, sur un bout de papier) de l'embranchement d'où vous venez.
Orientation nocturne
Indication à l'aide de la lune :
Lorsqu'elle est au premier quartier, les cornes du croissant sont dirigées vers l'est ; au dernier quartier, vers l'ouest.
Notons que dans l'hémisphère nord, on dit menteuse comme la lune. Ainsi, si la lune forme un D, elle est croissante, si elle forme un C, elle est décroissante.
Une autre méthode pour savoir si c'est le premier ou deuxième quartier de lune, c'est de dessiner une ligne droite imaginaire qui touche les deux pointes du croissant de la lune. Si cela forme un p, c'est le Premier quartier. Si cela forme un d, c'est le Deuxième quartier.
Indication à l'aide de la Grande Ourse :
Il est très aisé de repérer l'étoile polaire grâce à la Grande Ourse (visible une bonne partie de la nuit).
On prolonge le bord de la "casserole" de 5 unités, et l'on obtient directement l'étoile polaire. L'identification de la Petite Ourse est un peu plus difficile que celle de la Grande Ourse, car elle est légèrement moins lumineuse.
